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Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, est arrivé lundi soir à Bamako, a constaté le correspondant de l’AFP. Selon un responsable malien requérant l’anonymat, cette visite « de quelques heures » du ministre français des Affaires étrangères devait être consacrée aux « négociations pour la libération de l’otage français » que la branche maghrébine d’Al-Qaïda menace d’exécuter.
Cette visite n’avait pas été annoncée et M. Kouchner n’a fait aucune déclaration à son arrivée à l’aéroport de la capitale malienne, a constaté le correspondant de l’AFP.
Interrogé à Paris, le ministère français des Affaires étrangères a confirmé lundi soir que M. Kouchner était arrivé à Bamako. « Il va y rencontrer le président du Mali », Amadou Toumani Touré, a indiqué le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero.
Le chef de la diplomatie francaise a été accueilli par la Ministre de la Promotion de la Femme et de l’Enfant et de la Famille, Maïga Sina Damba.
« Le ministre français sera +immédiatement+ reçu par le président malien Amadou Toumani Touré (...) Il est clair que la préoccupation du moment, c’est le sort du ressortissant français. Je veux insister : son sort nous préoccupe », a déclaré le même responsable malien.
Le Français Pierre Camatte avait été kidnappé le 26 novembre à Ménaka, une ville du nord-est désertique du Mali.
Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui retient en otages six Européens au Mali, avait menacé le 10 janvier d’exécuter l’otage français, si quatre de ses combattants (deux Mauritaniens, un Algérien et un Burkinabè) détenus au Mali n’étaient pas libérés d’ici le 30 janvier. Mais Aqmi a finalement repoussé à une date indéterminée cet ultimatum qui expirait dans la nuit de samedi à dimanche.
« Même si l’ultimatum a été repoussé, il est urgent d’agir », a souligné l’officiel malien interrogé par l’AFP.
La menace d’assassinat de l’otage est prise d’autant plus au sérieux qu’Aqmi avait annoncé, en juin, avoir tué, pour la première fois, un otage occidental, le touriste britannique Edwin Dyer.
Le rapt de Pierre Camatte au Mali avait été suivi des enlèvements en Mauritanie de trois Espagnols, le 29 novembre, et de deux Italiens, le 18 décembre.
Dimanche soir, lors d’une émission organisé par TV5Monde, RFI et Le Monde, le ministre français avait déclaré ne pas avoir de nouvelles de Pierre Camatte.
« Je n’en ai pas et si j’en avais, je ne vous les donnerais pas », a-t-il dit. « C’est une affaire extrêmement sérieuse (...) Je resterai discret sur la manière dont cela se déroule mais je ne serai pas discret sur la façon dont le Mali est responsable. Ce n’est pas nous, c’est le Mali », avait-il ajouté.
Interrogé pour savoir ce qu’il entendait par cette responsabilité, il avait précisé : « C’est sur le territoire malien que cela s’est produit et c’est un pays souverain. C’est avec eux que nous travaillons. Trois Espagnols ont été enlevés, deux Italiens, c’est un danger extrêmement pressant ».
« Il faut bien savoir qu’il y a maintenant un véritable danger, Al-Qaïda au Maghreb constitue vraiment un danger partout. Un certain nombre de Français ont été assassinés en Mauritanie, vous vous en souvenez. Essayons donc au mieux d’être utile », avait-il ajouté.
« Je fais tout mon possible pour que cet homme échappe à la mort et soit libéré », avait conclu le ministre français.
© AFP - Février 2010
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