ASSOCIATION POUR LA SAUVEGARDE D’ABBERE
Présentation générale
L’Association SOS-Abbere est une organisation nationale non gouvernementale (ONG) apolitique et à but non lucratif. Elle dispose d’un statut et un règlement intérieur qui réglementent son mécanisme de fonctionnement. Elle a été créée pour sauvegarder la localité d’Abbere et assurer un développement durable au profit des populations locales. Elle a un bureau exécutif dont le président est Monsieur ISSELMOU OULD MOHAMED ABDERHAMANE.
Historique
Les traditions orales datent la fondation de Chinguetti au XII°-XIII° S. Les Maures la considèrent comme la 7° ville sainte de l’islam. Les pèlerins qui s’y regroupaient chaque année avant de prendre la route de la Mecque étaient appelés, par les Moyens-orientaux, ’ les gens de Chinguetti ’, car le pays de Chinguetti désignait alors l’espace de la Mauritanie, voire le Sahara occidental dans son ensemble. Chinguetti est née du village d’Abbere, qui existait déjà au VIII° S, et qui a disparu sous l’amoncellement des sables, au lieu-dit « Timengassen » (environ 4 km Est de Ch.). Ceci a été confirmé grâce aux pluies particulièrement abondantes de 1995, où le mur d’enceinte apparut, dégagé par le flot torrenciel de la batha.
Toujours selon la tradition, c’est vers le XII°S., que des « Idawali » y arrivèrent, poussés hors de Tebelbala à la suite d’un meurtre et, de plus, cédant quelque peu devant l’avancée des « Bani Hassan ». On raconte que Mohamed Ghalli, ancêtre des « Laghlal » (une des actuelles tribus importantes de Ch.) était installé sur le site de Ch.. Il y fut rejoint par Yahya et d’autres Idawali. Ensembles, ils décidèrent de construire une autre mosquée à cet endroit, nommé, selon : les sources de Qiti, ou le puits du cheval. Des maisons s’élevèrent bientôt autour de la mosquée. Comme ils l’avaient fait à Abweïr, les Idawali firent de leur nouvelle ville une cité prospère entourée de jardins et de palmeraies et dont les habitants possédaient des troupeaux de boeufs et de moutons considérables. Chinguetti a pris ensuite de l’importance au détriment d’Abbere, qui aurait disparu au bout de 40 ans.
Chinguetti aurait compté 11 mosquées, des écoles, un marché important ; et son influence religieuse et commerciale atteignait le Maghreb et le Soudan. Au temps de sa prospérité, sa population s’élevait à quelques 3000 habitants.
Plus tardivement les Portugais parlent de ses activités commerciales au XV° S.. Les traditions orales confirment l’implantation de la cité sur l’itinéraire caravanier occidental dès le XIII° S. Son rôle fut très important en Adrar, aussi bien comme place commerciale que comme centre d’échanges dépendant du trafic caravanier (commerce du sel). Parrallèlement, Ch. acquiert sa notoriété et sa réputation de centre de regroupement des pèlerins. L’apogée de la ville se situe entre les XVII° et XIX° S., où son prestige fut grand grâce à ses fonctions religieuses et culturelles (enseignement, bibliothèques de manuscrits...). Beaucoup de savants du XVIII° et XIX S., voyageant au Maghreb et en Orient, prirent le nom de « ech Chinguetti », tant était grande alors le prestige de cette cité.
L’artisanat trouva donc d’excellentes conditions de développement dans cette ville commerçante, riche, isolée de ses rivales, au carrefour de grandes pistes caravanières. A longueur d’année, les scribes « katib », recopiaient Coran, hadith et livres d’étude.
La caste des « Maallemin » comptait des armuriers et des bijoutiers réputés. Leurs femmes, habiles cordonnières, façonnaient des reliures et des étuis pour les livres ; mais aussi des outres, des sandales et d’admirables sacs de voyage en cuir décorés. Le travail du cuir était favorisé par l’abondance d’acacias « talha » et « tamat ». L’industrie de la sellerie fut très active au temps des caravanes.
Tribus maraboutiques et populations commerçantes réussirent à survivre aux vicissitudes des guerres locales dont l’Adrar fut, au XIX° S., le théatre quasi permanent. La richesse de la cité demeura surtout dépendante des conditions d’exploitation des salines d’Idjill, tant que dura le trafic caravanier.
Isolée des massifs dunaires de l’Ouarane, à l’écart du trafic routier, gravement handicapée par la dégradation inéluctable de ses palmeraies, Chinguetti ne peut puiser dans ses seules traditions les moyens d’une régénération économique ; la ’capitale’, Atar ayant peu à peu concentré la totalité de ses activités rémunératrices et drainant, de ce fait, sa population.
Cependant, depuis 1997, la montée du tourisme, détourné sur l’Adrar par les charters d’Atar, semble pouvoir amener le renouveau de cette belle cité. Mais à quel prix... ?
Localité d’Abbere
Abweïr est une localité située à 8 km du côte Est du chef-lieu de la Moughatâa de Chinguetti et dont la portée historique et culturelle occupe une place importante dans le patrimoine national.
Cette localité ne dispose d’aucune infrastructure rurale et/ou villageoise permettant aux habitants de mener une vie normale. La population compte actuellement 50 familles, soit 1/10e,, d’il y a 10 ans et 1/100e, d’il y a 30 ans.
L’agriculture dans cette partie du territoire qui se pratiquait dans les oueds et tamourts, souffre actuellement de manque de terres fertiles suite aux rétrécissements des zones inondables.
L’élevage quant à lui, s’est réduit à un élevage de case où les populations ne pourraient entretenir que des unités à faible rendement pour subvenir aux besoins des enfants à bas âge.
La palmeraie qui jouait le rôle moteur dans l’économie des habitants d’Abbere grâce aux grandes potentialités de production qu’offrait le dattier jadis, est simultanément sous la menace permanente de l’ensablement et le dépérissement, des sujets adultes occasionné par le colmatage des nappes phréatiques.
L’aridité de la zone n’est plus à démontrer suite aux conjugaisons des sécheresses consécutives ces trente dernières années, les puits, les mares, les oueds, etc. ne sont plus arrosés que temporairement à l’occasion d’un bon hivernage (60 à 100 mm).
Ce constat amer permet aux bonnes volontés de voir dans quelle mesure ils peuvent être utiles et apporter un appui au développement de cette localité d’Abbere.
Aspect culturel
Abbere fut dans l’histoire de la mauritanie et notamment au 3e siècle le lieu ou toutes les confréries maraboutiques, les Oulémas d’ici et d’ailleurs se retrouvaient pour la promotion de leur oeuvres culturelles et ceci bien avant la naissance de la ville de Chinguetti.
C’est à la fin du 13e siècles que des familles riches créerent une dissidence à l’issu d’un fort malentendu inter-ethnique puis se déplaçaient quelques kilomètres à l’Ouest et fondèrent ce qui porte actuellement le nom de Chinguetti, asphyxiant économiquement Abbere et l’exposant à une rude concurrence à laquelle, il n’était point préparé.
Cette situation a créé un déséquilibre socio-économique occasionnant les pertes des valeurs économiques et du coup détruisant la supériorité culturelle d’Abbere au profit de Chinguetti.
Il est d’urgent de demander aux bonnes volontés de ne ménager aucun effort pour aider à reconstituer et restaurer le potentiel culturel local d’Abbere et l’ensemble des valeurs civiques, morales et religieuses perdues.
Dons
La localité d’Abbere dispose actuellement d’un projet de développement communautaire qui a débuté en mars 2000.
Ce projet a été soumis à l’ensemble des donateurs locaux représentés à travers :
o PNUD o FAO o UNICEF o GTZ o OMS o Commissariat à la lutte contre la pauvreté
Principaux objectifs :
initier et mettre en oeuvre des projets axés sur le développement communautaire, économique et social adapté au contexte d’Abbere.
échanger des experiences (traitant la problématique du développement entre les ong du sud et du nord.
est une ong ouverte aux opérateurs du développement, ètudiant, chercheurs qui veulent travailler sur des thèmes relatifs à la recherche écologique, la promotion du tourisme économique, culturel, et de l’humanitaire.
stabiliser le milieu naturel par systeme de claynnage, associé à la plantation artificielle d’espèces autochtones, adaptées aux conditions ècologiques et èdaphiques du milieu, et riches en valeur nutritive pour les animaux.
fixer la population dans son terroir par l’amélioration des conditions du milieu pour une autosufisance en légumes de première nécessitè à la croissance des mères et enfants en bas âges.
permettre le ravitaillement régulier du marchè de la zone concernèe et des zones avoisinantes en légumes.
stabiliser les prix des légumes au niveau de la commercialisation et èviter les ruptures au niveau des stocks.
introduire artificiellement des espèces adaptèes aux conditions écologiques et èdaphiques du milieu et riches en valeurs nutritives pour la consommation.
fixer les populations dans leurs terroirs par l’amélioration des conditions du milieu naturel pour une exploitation agricole (maraichage) capable de rèpondre aux exigences immédiates des consommateurs.
perenniser les dispositifs d’appui au développement local au delà de la cloture des projets.
recueillir,structurer et diffuser l’information (bases de donnèes, publications, animations de projets).
Domaine d’intervention :
Nous intervenons dans le domaine rural sur les thèmes suivant :
eau (hydraulique villageoise, assainissement, traitementde l’eau)
agriculture, vulgarisation, formation, irrigation
électrification rurale (énergies renouvelables)
lutte contre la désertification par la mise en place de ceintures vertes, barrages, digues etc....
Nos partenaires :
Gtzgirem,(ressources naturelles)
oms
irc’formation/eau et assainissement
novib
flm
pseau (programme solidarité)
grdr (développement rural)
isf (fondation pour le progres de l homme)
corps de la paix
raad (réseaux arabe de l’agriculture durable)
cdhlcpi
Réseaux
réseaux eau en mauritanie
initiative afrique 2000
remed (alliance magreb mach pour l’eau)
fgb-rim (formation en gestion de base)
almae(alliance majhreb mach pour l’eau)
raad (réseaux arabe pour l’agriculture durable)