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Chers lecteurs, compte-tenu des événements politiques que traverse la Mauritanie en ce moment, ainsi que les effets induits sur la société civile, nous avons jugé, cette fois-ci, pertinent et intéressant de donner la parole à la conseillère chargée de la Société Civile à la CENI, Mme Sultana Mint Mohamed Yahya.
En tant qu’acteur de la société civile, nous sommes particulièrement attentifs au regard porté par la CENI sur ce segment important de la démocratie dans notre pays, d’autant plus, quelques semaines avant les élections du 6 juin prochain.
SOS Abbere : Vous avez été récemment, nommée conseillère chargée de la société civile auprès du président de la CENI, pouvez-vous davantage nous informer sur les objectifs attendus de votre nomination à ce poste ?
Mme Sultana Mint Mohamed Yahya : « Tout d’abord, bonjour, permettez-moi de vous remercier pour le genre d’exercice auquel vous me soumettez. J’avoue qu’il est original aussi bien dans la forme que dans le fond. Les objectifs attendus découlent en fait des tâches qui me sont confiées. En sus de la coordination entre les Organisations de la Société Civile et la CENI, je suis chargée d’établir une communication permanente entre cette institution et les Organisations citées afin de stimuler une dynamique de concertation et de renforcer la synergie. D’autres tâches non moins importantes m’ont été également confiées à titre d’exemple, je citerai la vulgarisation des outils et mécanismes d’appui de la CENI aux Organisations de la Société Civile et la facilitation d’un processus de réflexion afin de capitaliser les bonnes pratiques en matière d’appui aux Organisations. »
SOS Abbere : Vous êtes Présidente d’une ONG et vice présidente de la plateforme de la société civile que pensez-vous de l’état actuel de notre mouvement associatif ?
Mme Sultana Mint Mohamed Yahya : « Il faut dire que le mouvement associatif Mauritanien est jeune, mais il bénéficie d’un atout considérable, en effet c’est un grenier car il regorge de compétences. Il appartient à celle-ci d’agir en acteurs avertis et responsables pour mener à bien sa noble mission qui n’est autre que le bien être des populations sans restriction. »
SOS Abbere : Dans votre première sortie, depuis la prise de vos fonctions, devant un panel d ONG, mercredi passé, vous avez du faire face à des observations virulentes. Que pensez-vous de ce malaise, et comment envisagez vous le gérer dans le futur ?
Mme Sultana Mint Mohamed Yahya : « Nos appréciations sont opposées. Personnellement au cours de cette réunion je n’ai pas entendu « ces observations virulentes », ni assisté à une passe d’armes, par contre des échanges d’une haute portée ont eu lieu, échanges qui appelaient à travailler ensemble. Ce qui me semble fera dire au Président de la CENI que « des espaces communs étaient dégagés et que des partenariats seront établis dans tous les domaines » ».
SOS Abbere : Certaines rumeurs font état, ces derniers jours, de divergences sérieuses entre vous et le président de la plateforme, pouvez vous nous dire qu’en est-il au juste ?
Mme Sultana Mint Mohamed Yahya : « Ma surprise est d’autant plus grande car aucun problème n’a existé, n’existe et n’existera entre le Président de la plateforme et moi. Nos rapports sont cordiaux, emprunts d’un respect réciproque et au beau fixe. Si problème il y’a, il faut voir du coté de ceux qui véhiculent ce genre de rumeur. »
SOS Abbere : Que représente pour vous la plateforme de la société civile imposée par le régime déchu, laissée intacte par le régime actuel, et qu’en est t il des centaines d’ONG qui ne reconnaissent pas la légalité de cette dernière ?
Mme Sultana Mint Mohamed Yahya : « Vous semblez ignorer que la plate forme est une exigence des Accords de Cotonou, en aucun cas donc elle n’a été imposée. Il ne s’agit pas de reconnaître ou pas, mais plutôt d’adhérer ou ne pas. En tout état de cause la plateforme regroupe un nombre impressionnant d’Organisations de la Société Civile assez représentatives sur l’échiquier national. »
SOS Abbere : A votre avis, la société civile actuelle, est-elle dans un état favorable pour accompagner, la CENI dans sa mission fortement contestée par d’importantes franges de la population mauritanienne ?
Mme Sultana Mint Mohamed Yahya : « Par définition la Société Civile est apolitique. Elle se doit d’être neutre et accompagner tout processus qui privilégie le bien être des populations. »
SOS Abbere : Avez-vous des espoirs particuliers pour l’avenir de notre jeune démocratie, et celui de notre société civile ?
Mme Sultana Mint Mohamed Yahya : « Je l’ai dit tantôt. Nous sommes une démocratie qui en est encore aux balbutiements, donc très jeune. Mais comme toutes les grandes démocraties nous trouverons la voie la plus juste, celle qui s’adapte le mieux à nos réalités. »
SOS Abbere : Quels sont les problèmes majeurs rencontrés par la société civile dans ce contexte de crise politique, quelles sont, selon vous, les solutions à apporter ?
Mme Sultana Mint Mohamed Yahya : « Je l’ai dit plus haut et je persiste, quelque soit le contexte politique, les Organisations de la Société Civile doivent se tenir à l’écart. Par essence une Organisation du genre ne peut jouer dans cette cour car son domaine d’activité est défini au préalable. »
SOS Abbere : D’une manière générale, pensez vous que pour l’émergence d’une société civile mauritanienne mature et transparente, faut-il un remaniement complet de ce secteur pour parvenir à cet idéal ?
Mme Sultana Mint Mohamed Yahya : « Pourquoi un remaniement. Je l’ai déjà dit, la Société Civile Mauritanienne est à peine âgée de quelques années. En un laps de temps si court on n’arrive pas à maturité. Il faut plutôt cibler les compétences qui soient en mesure de booster le secteur. »
Nous tenons à remercier Mme Sultana Mint Mohamed Yahya, de nous avoir consacré du temps et d’avoir répondu à nos questions. Nous lui souhaitons le plus franc succès dans sa mission.
SOS-Abbere. |