PROGRAMME D’ACTION DE SOS ABBERE
( PERIODE 2004 - 2008 )
Objectif 1 : Contribuer à l’amélioration de conditions de vie des populations au niveau de la Wilaya de l’Adrar (en particulier dans la localité d’Abbere)
Activités
Modalités
Echéancier
‘mois ‘
Résultats attendus
Coût
Estimatif
Financement
A.1. Formation de comité villageois d’Education et d’Eveil communautaire visant la conscientisation des populations
- Concertation avec les populations
- Identification des groupes –cibles
- Elaboration des programmes de formation
- Choix d’animateurs
- Procédures d’acquisition d’équipement
2
Comités villageois Opérationnels
2.000.000 UM
A rechercher
A.2. Création d’Activités Génératrices de revenus et d’emplois
- Identifications des bénéficiaires et des sites
- Choix des activités
- Formulation des requêtes
- Rechercher de financement
2
Revenus des groupes cibles identifiés et améliorés
3.000.000 UM
A rechercher
A.3. Appui aux coopératives et groupements socioprofessionnels existants
- Renforcement structures existantes
- Encadrement, mobilisation et formation à l’autogestion des responsables.
2
- Structures existantes appuyées
- Organisation gestion améliorée
- Opportunités capitalisées et exploitées
3.000.000 UM
A rechercher
Objectif 2 : Lutter contre la Désertification et contribuer à la Protection de l’Environnement
B.1. Organisations d’ateliers de sensibilisation des populations sur la gravité des phénomènes de la désertification et les menaces qui pèsent sur les espèces animales et végétales
- Identification et choix des sites
- Elaboration de programmes et contenus des communications
- Recrutement communicateurs
- Concertation avec autorités et partenaires concernés
- Lancement requêtes de financement
2
- Grand public sensibilisé sur l’ampleur du phénomène de la désertification et la sauvegarde des espèces animales et végétales
3.000.000 UM
A rechercher
Activités
Modalités
Echéancier
‘mois ‘
Résultats attendus
Coût
Estimatif
Financement
B.2. Fixation dunes
- Reboisement
- Collecte semences
- Pépinières
- Sensibilisation
- Identification des sites
- Collectes des semences
- Pépinières
- Encadrement des populations
- Plantations
- Mobilisation des moyens humains et matériels nécessaires
- Lancement requêtes de financement
4
- Dunes fixées
- Techniques maîtrisées
5.000.000 UM
A rechercher
B.3. Réduction de la Pression sur les ressources ligneuses
- Identification des sites et populations concernées
2
- Economie de la consommation de bois
- Introduction d’énergie de substitution
2.000.000 UM
A rechercher
B.4.Restauration et conservation des ressources naturelles
- Identification et choix des sites
- Identification des espèces
- Méthodologies et techniques appropriées
4
- Milieu restauré
- Techniques maîtrisées
1.000.000 UM
A rechercher
B.5. Contribuer aux journées nationales Internationales de protection et de préservation de l’environnement
- Disponibilisation des plantes
- Distribution
- Animation
- Encadrement des populations
1
- Festivités et activités de commémoration des Journées Mondiales organisées et exécutées
- Population sensibilisée et impliquée
1.000.000 UM
A rechercher
B.6. Valorisation des plantes médicinales
- Identification des sites
- Identification des espèces existantes
- Identification des espèces en voie de disparition
- Réhabilitation des espèces menacées de disparition
9
- Plantes médicinales identifiées et répertoriées
- Médecine traditionnelle
3.000.000 UM
A rechercher
B.7. Aménagement sylvicoles
- Identification des sites
- Concertation des acteurs concernés
- Consolidation des massifs existants
- Enrichissement des parcours
2
- Espèces conservées et restaurées
- Population sensibilisées
- Techniques maîtrisées
2.000.000 UM
A rechercher
Objectif 3 :. Sauvegarder les espèces animales et végétales et aquatiques
Activités
Modalités
Echéancier
‘mois ‘
Résultats attendus
Coût
Estimatif
Financement
C.1. Contribuer à la création de réserve de faunes et de pars nationaux
- Identification et choix des sites
- Implication des populations
- Inventaire des espèces existantes et leur réhabilitation
- Introduction d’espèces adaptés au milieu
2
- Population sensibilisée sur l’importance de la gestion de la faune
- Habitat naturel des espèces réhabilitées
2.000.000 UM
A rechercher
Objectif. 4. Sensibiliser, éduquer et conscientiser les populations à la base sur les problèmes environnementaux à travers les connaissances des conventions internationales et textes réglementaires du pays portant sur la conservation et la préservation des ressources naturelles
Organisation d’atelier au niveau des moughataas sur les thèmes – Gestion rationnelle des ressources naturelles et respect des textes en vigueur
- Identification des Moughataas cibles
- Concertation avec les autorités et population à la base
- Elaboration des programmes de formation
- Choix et recrutement des formateurs
- Lancement requêtes de financement
2
- Large diffusion des textes au niveau des populations qui en ont le plus besoin
- Changement spontané des attitudes et comportement envers les ressources naturelles
3.000.000 UM
A rechercher
TOTAL
34 mois
32.000.000 UM
Justification du projet
Etendue sur 1.030.000 km2 entre les latitudes 27º20’ et 14º45’ Nord et les longitudes 5º et 7º Ouest, la République Islamique de Mauritanie est un pays de transition entre le Sahara et le Sahel. Les trois quarts de cette superficie sont situés en zone saharienne et reçoivent une pluviométrie annuelle comprise entre 100mm et 200 mm. De ce fait le pays est écologiquement prédisposé à l’érosion éolienne d’autant plus qu’il a été affecté d’une longue période de sécheresse. Ainsi le territoire de la Mauritanie est le siège d’intenses processus de désertification qui ont abouti à une détérioration poussée et quasi généralisée de son couvert végétal, conduisant à l’extension démesurée des phénomènes d’ensablement.
Problème à résoudre
Le phénomène de la sécheresse prolongée est l’un des événements qui ont le plus marqué la vie en Mauritanie au cours des deux dernières décennies. La désertification qui s’en est suivie, accentuée par l’action de l’homme, a totalement bouleversé l’équilibre des systèmes écologiques et sociaux dans l’ensemble du pays. Cette situation a été à l’origine d’un exode rural massif et désordonné, qui a dépeuplé l’arrière-pays ou vivaient jusqu’en 1972, des éleveurs prospères (environ 75% de la population) qui généraient plus du quart du Produit Intérieur Brut (PIB). La migration/sédentarisation a eu lieu surtout vers les villes et vers le Sud du pays (près de 40% dans quatre régions). Le résultat a été la désorganisation du système de production et la destruction du cadre de vie traditionnel en milieu rural, avec comme corollaire la destruction du couvert végétal provoquant ainsi des processus d’ensablement que la sécheresse des années 70 et 80, ainsi que la sédentarisation de plus en plus accélérée, ont intensifié. De tels processus se sont traduits par des mouvements dunaires qui menaçant à court terme et dans de nombreux endroits les établissements humains et les agglomérations, les terres agricoles, ainsi que les infrastructures socio-économiques.
Cette situation avait conduit le Gouvernement mauritanien à mettre œuvre, avec l’appui de l’UNSO, un programme curatif de lutte contre l’ensablement (1983 -1986) qui a permis de maîtriser le phénomène d’ensablement sur 15 sites pilotes choisis, de mettre au point de techniques adaptées au milieu, facilement reproductibles par les populations, ainsi qu’un certain éveil de prise de conscience des populations du problème de l’ensablement. Cependant, devant l’ampleur des phénomènes d’ensablement, la participation très limitée des populations notamment en raison du caractère expérimental et technique du projet qui été exécuté en régie et d’une concentration insuffisante, il a été jugé nécessaire de conduire le projet pour une deuxième phase pilote qui mettra en œuvre une stratégie d’intervention préventive de lutte contre la désertification, alliant la conservation de l’environnement et l’aménagement de systèmes productifs, devra être adoptée.
Stratégie du projet
La finalité de cette deuxième phase du projet vise à atteindre de nouveaux équilibres socio-écologiques, par la mise au point et la vulgarisation de méthodes et pratiques productives mieux adaptées aux conditions de la sécheresse et capables d’assurer une plus grande sécurité alimentaire aux populations. Pour ce faire cette deuxième phase s’est vue assigner les objectifs suivants :
1. accroître la lutte contre l’ensablement et réduire la pression des prélèvements sur l’environnement ; 2. procéder à des aménagements intégrés permettant de valoriser les systèmes agro-sylvo-pastoraux et la création de nouvelles ressources ; 3. améliorer le niveau de vie des populations rurales afin de freiner l’exode vers les villes.
Cette nouvelle orientation découle de l’expérience de la première phase du projet et son application implique le dépassement de la stratégie d’intervention sectorielle antérieure, pour s’inscrire dans une véritable perspective de développement et de promotion des communautés rurales. Une telle approche globale et multi-sectorielle des problèmes permet d ’établir un programme traitant simultanément de l’environnement, de la production et des hommes. Elle s’articule autour de deux axes conceptuels complémentaires :
1. l’engagement volontaire des populations et 2. la prise en compte du terroir villageois comme unité d’aménagement des systèmes productifs.
En termes opérationnels, la mise en œuvre d’une telle approche devrait se traduite par :
* L’extension du programme de lutte contre l’ensablement à soixante sites grâce à la méthodologie de participation des populations élaborée à l’issue de la phase antérieure et qui aurait été affinée d’avantage. * La recherche et l’expérimentation d’aménagements techniques des systèmes productifs, susceptibles d’associer la réhabilitation l’environnement et la promotion socio-économique des populations.
Bénéficiaires
Les populations rurales (hommes, femmes et enfants) de la Mauritanie sont les principaux bénéficiaires du projet. Leur environnement deviendra vivable. Les puits, les maisons, les champs de culture seront protégés contre l’envahissement des sables. Ils seront plus rattachés à leurs terroirs. Ils pourront pratiquer les différentes opérations de mise en valeur agricoles : captage des eaux de ruissellement, aménagement des terrasses, amélioration des cultures, des pâturages et des reboisements pour la production de bois de chauffe.
Activités principales
1. Sensibilisation des populations au problème de l’ensablement et aux moyens de lutte contre la désertification. 2. Organisation des populations, définition et mise en œuvre d’un cadre de collaboration contractuelle entre le projet et les populations. 3. Mise au point et de développement des approches et techniques vulgarisables d’aménagement intégré de l’espace rural, qui seront viables sur le plan écologique, social et économique ; 4. Elaboration et mise en œuvre d’un programme pilote d’aménagement et de gestion intégrée des terroirs dans quatre zones : * Stabilisation des bassins versants et des oueds. * Construction de réseaux de diguettes et de demi-lunes en terre pour la rétention et l’infiltration de l’eau sur les zones cultivables * Reconstitution de la fertilité des sols par l’apport de fumure organique * Diversification des cultures pour assurer une plus grande sécurité alimentaire. * Vulgarisation de nouvelles techniques culturales sous-solage, semis à la volée, etc. 5. Volet agricole : * Vulgarisation de techniques adaptées pour la conservation des eaux et du sol. * Création de petites infrastructures villageoises. * Apprentissage des méthodes culturales productives. * Plantations fruitières de production. 6. Volet élevage : Constitution de réserves fourragères. 7. Volet forestier : * Lutte contre l’ensablement et stabilisation des dunes. * Diffusion de foyers améliorés. * Plantations villageoises de production et de protection.
Principaux résultats
Physique/Technique
1. Perfectionnement des techniques et extension de la lutte curative contre l’ensablement, avec la participation active des populations aux travaux. Ainsi 67 sites ont pu être traités. 2. Réalisation de plantations villageoises pour la production de bois de feu et de fourrage sur 400 ha, suivant une procédure contractuelle avec les populations. 3. Plantation de brise-vent sur au moins 3.500 mètres linéaires. 4. Essais d’enrichissement des peuplements forestiers sur 7.000 ha. 5. Fauche mécanique des herbes pour foin ou ensilage sur 1.000 ha environ. 6. Protection, enrichissement par désherbage et sous-solage avant plantation en layons et mise en défens de pâturages sur 3.550 ha.
Institutionnel/Organisationnel Le Gouvernement a élaboré et réalisé avec succès un « Programme de Consolidation des Réalisations » (PCR) 1989-1991.
Conclusions de l’évaluation
Le principaux objectifs du projet ont été atteints en général. En effet le projet a permis la protection contre l’ensablement des villages, des terres agricoles et des infrastructures. C’est ainsi des centaines de familles, qui jusqu’ici considéraient l’ensablement comme une fatalité, ont pu regagner leurs villages d’origines. En outre, bien que les comités de gestion villageois n’aient pas été suffisamment encadrés et n’ont pas pu s’approprier de la maîtrise de l’aménagement des ressources des terroirs villageois, les techniques développées par le projet, notamment en matière de lutte contre l’ensablement, ont été dans l’ensemble bien maîtrisées.
Mais au delà des réalisation physiques, les éléments d’appréciation des résultats de cette deuxième phase, qui a été axée sur une approche expérimentale de la lutte préventive contre la désertification, sont prometteurs. En effet, les essais réalisés sur le terrain dans le domaine de l’aménagement de systèmes productifs satisfont à brève échéance au double objectif de préservation et de d’amélioration du potentiel productif des terroirs. La maîtrise de l’eau et des sols, l’accroissement des rendements agricoles, la diversification de cultures, la constitution de réserves fourragères pour le bétail, suscitent l’intérêt et l’adhésion des groupements villageois. Les implication de cette approche intégrée ouvrent la voie à de perspectives nouvelles pour une gestion plus équilibrée et l’amélioration de la sécurité alimentaire des populations des zones rurales.
L’ensembles de résultats obtenus dans un milieu fragile et dans des conditions de travail difficile, a nécessité des moyens financiers, logistiques et humains importants. L’extension et la réussite du programme de lutte préventive contre la désertification sont dorénavant étroitement liées à la capacité de reproductibilité des acquis techniques par les populations. L’effort à venir devra tout particulièrement porter sur les moyens et les formes d’accessibilité aux équipements nécessaires ou bien encore sur la mise au point de matériels plus conformes à la capacité financière du monde rural.
Notes spéciales
Les acquis techniques et méthodologiques du programme fournissent une somme d’informations et d’enseignements très bénéfiques, largement réutilisables, dans la grande majorité des situations écologiques sahéliennes, notamment pour la préparation de plans d’actions nationaux de lutte contre la désertification à rentrant dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention internationale sur la Lutte contre la Désertification (CLD).
Les techniques et les réalisations développées ont été conduites dans des conditions écologiques et climatiques extrêmes, situées dans la zone saharo-sahélienne fragile et instable. Les résultats de telles expériences ont fait l’objet de publication afin de permettre à des projets en cours ou à venir, d’épargner bien des efforts et investissements financiers de mise au point et d’apprentissage de techniques éprouvées et viabilisées avec succès, notamment dans les domaines suivants :
* la mise au point de techniques de protection et de plantation en zone ; * l’adaptation et l’amélioration de pratiques culturales dans le système ; productif agro-sylvo-pastoral ; * l’élaboration d’une méthodologie de diffusion et d’appropriation des acquis par le biais de l’engagement contractuel des groupements villageois.